Lettre À

Ecrivain.e public en maison d'arrêt

Lettre à est un projet artistique en collaboration avec des centre pénitentiaire et des Service Pénitentiaire d’Insertion et de Probatione. Il a été expérimenté à Bordeaux avec le centre pénitentiaire de Gradignan et des Service Pénitentiaire d’Insertion et de Probation de la Gironde.

« Des mots sortent de la maison d’arrêt et des images entrent dans les cellules. »

Nous proposons à un groupe de détenu-e-s de les accompagner à écrire des lettres, de les enregistrer puis de les diffuser à la radio. En retour, chacun-e peut commander à Anne-Cécile Paredes une photographie tirée sur du papier baryté, signée et offerte dans un second temps.

Quelles sont les lettres qu’ils aimeraient écrire ? à qui ? Comment trouver les bons mots, les jolis mots ou même les autres mots qui accompagnent l’adresse, le message, l’intention ? Quelles paroles, quels souvenirs, quels liens deviennent nécessaires lorsqu’il s’agit de survivre à l’isolement ? Lettres d’amour ou de colère, lettres d’amitié ou d’indignation, ces mots au travers les ondes se transforment en messages. Grâce à cet espace public dématérialisé, déterritorialisé, une personne écoute et d’autres entendent. Le message devient une déclaration d’amour ou d’amitié publique, un message politique, des mots que l’on ne peut pas dire les yeux dans les yeux, parce que l’on est enfermé, parce que l’on n’a pas la langue ou parce que l’on n’ose pas, tout simplement.Que nous reste-t-il lorsqu’on est privé de sa liberté ? La relation à l’autre n’est -elle pas notre dernière chance de survie ?

Le protocole dure trois jours consécutifs et a été imaginé avec le SPIP de la Gironde (Service Pénitentiaire d’Insertion et de Probation). Durant ces trois jours, des lettres individuelles sont produites, et une lettre collective est écrite.  Anne-Cécile Paredes est chargée de contacter les personnes à qui elles sont adressées lorsque c’est le cas, elle est celle qui fait le lien avec les familles, qui les photographie lorsque le souhait est émis. Une communauté de messagers prend forme.

A partir de 2024, Lettre à s’exporte en France, à la maison d’arrêt de Rodez avec Derrière le Hublot, à la maison d’arrêt de Saint Etienne avec Superstrat, à L’ENAP ( École d’administration pénitentiaire ) à Agen et à la maison d’arrêt de Bayonne. Chaque atelier s’adapte au contexte où il s’inscrit.

 

 

Crédits

  • Auteures

    Geneviève Rando, Anne-Cécile Paredes, Jonathan Burgun

  • Musicien / montage sonore

    Johann Mazé

  • Avec le soutien de

    Chahuts, SPIP 33 , Administration pénitentiaire, Ministère de la Justice, DRAC Nouvelle Aquitaine, fondation la Poste, ALCA. dans le cadre d’écriture plurtielles, département de la Gironde / AILDS.

  • En collaboration avec

    La clé des ondes, L’autre ferme.